Merci Jean François, merci pour ce visa vers la fraternité !

Sur l’écran large que surplombent les arabesques métalliques du clocher de Saint Jean soudain éclate une image : le corps immobile d’un petit garçon rejeté par la mer, la face dans le sable d’une plage de notre Méditerranée. Aylan

On a le souffle coupé : cet enfant mort replié sur la grève, cet enfant est notre enfant…Il fuyait avec son père, sa mère et ses sœurs la barbarie de l’Etat islamique ; seul son père a survécu et retournera à Kobané pour leur donner sépulture…Kobané ville martyre qui n’est plus que ruines et souffrances.

Cette photo a fait le tour du monde et interpelé les dirigeants de l’Europe ; et c’est à Perpignan qu’elle fut présentée pour la première fois en France.

Plus tard viendront les reportages de ces femmes Yézidies qui ont formé une brigade pour se battre aux côtés des Kurdes ; elles se sont évadées, elles ont échappé au génocide de leur peuple, hommes enterrés vivants, tous exécutés, femmes violées, vendues comme esclaves…Elles ont le visage enfantin de leur 18 ou 20 ans…

Oui, la barbarie la plus effroyable s’est abattue sur un des berceaux de notre civilisation, celui où est né l’alphabet, celui où fut édifiée Palmyre…

Et pendant ce temps en France un parti xénophobe est devenu le premier parti de notre République !

Les français peuvent-ils croire que la barbarie n’est pas fille de la xénophobie ?

Les français peuvent-ils croire qu’en se barricadant dans nos frontières, en détruisant la communauté européenne, héritage de nos pères, il serait possible de protéger notre modèle social, notre économie, notre démocratie ?

Les français ont-ils oublié que la République a inventé la fraternité ? Et sans la fraternité le patriotisme n’est plus qu’un dangereux nationalisme xénophobe.logo

« Visa pour l’image » nous apprend à « chercher cette région cruciale de l’âme où le mal absolu s’oppose à la fraternité » André Malraux.

Soyons fiers d’avoir créé et soutenu inconditionnellement «  Visa pour l’image » qui fait de Perpignan un phare de lumières, une cité militante des droits de l’homme, de la démocratie et de la liberté de la presse…pendant 15 jours …3H9B7145

Merci à Jean François Leroy, merci pour ce visa vers la fraternité !

Papa, c’est grand l’Amérique !

 Papa tout est grand ici !

Les déserts de caillasses ou de sable, « la vallée de la mort », les lacs, le  lac Powell, 7000 km de rivages, les vastes horizons ocre-rouge des Canyons, Brice Canyon ou Monument Valley où l’on imagine les cavalcades des Cow-Boys et de leurs chariots, les immenses séquoias  aux troncs verticaux, les énormes camions et les grosses automobiles qui chaloupent sur les interminables routes rectilignes …IMG_1630

Tout est grand ici même les steaks, les hamburgers et les verres de Coca-Cola ou de bière amère.

Et cette autoroute qui malgré ses 7 voies était engorgée à 3 heures de l’après midi un mercredi banal…

Et Universal Studio Park avec ses 400 ha d’animations rappelant les grands personnages inventés par l’industrie Hollywoodienne …

Et ces buildings si hauts que le ciel n’est plus qu’un minuscule rectangle bleu !

Papa pourquoi les enfants sont si gros ?IMG_1777

Et ces hommes en guenilles, la peau brûlée, qui errent dans les rues sous les néons et dans le vacarme des Maserati et autres Ferrari ?

Et ces jeunes femmes aux nattes blondes, qui marchaient à nos côtés dans les « Narrows » de Virgin River avec leurs longues robes qui plongeaient dans l’eau, des Mormons ?

 Dis papa, c’est vrai qu’ils étaient pour la polygamie au nom du Christ ?IMG_1171

Tout est énorme, Barak Obama a dépensé un milliard de dollars lors de sa dernière campagne électorale !

Sarkozy, même avec les fausses factures de Bigmalion, il n’arrive pas à 50 millions ! Et les primaires des Républicains ici, c’est quatorze candidats, alors que nos Républicains ils n’en ont que 5 ! Minable !IMG_1816

Même les tueries dans les écoles sont impressionnantes, et tu as vu dans un village à côté de Zion, le maire demande que tous les habitants aient une arme à feu à la maison …

Tu crois que Marine le Pen, qu’elle demandera ça ?

Et la peine de mort en sus ?

L’Amérique ça remue la tête !

LE MESSAGE DU PEUPLE GREC : BIS !

Alexis Tsipras avait gagné les élections grecques fin janvier avec 36% des voix ; c’était un premier message du peuple grec et j’écrivais :

tsipras 4« Le message est clair : nous aimons l’Europe, celle des valeurs de démocratie héritées de l’Agora grecque ; nous ne voulons pas sortir de l’Euro qui nous protège mais nous voulons une Europe de la croissance des forces productives et non une Europe qui les détruit sous prétexte d’orthodoxies budgétaires. Pour cela nous choisissons un Gouvernement qui ne doive rien aux grandes familles qui ont fourni à droite comme à gauche des premiers ministres incompétents et corrompus ».

Dimanche, malgré toutes les pressions internationales, Christine Lagarde, ponte du FMI, Jean-Claude Juncker, ponte de la Commission Européenne , et même L’ex ponte français Nicolas Sarkozy, le NON à l’austérité l’a emporté avec plus de 60% des voix ; un triomphe ! 

Le peuple grec a crié encore plus fort son message à tous les peuples qui souffrent des politiques d’austérité irresponsables des leaders européens :drapeaux

OUI aux réformes pour moderniser, rendre plus efficace et plus juste la dépense publique. Le Gouvernement grec, on oublie de le dire, a des comptes publics équilibrés, les recettes des impôts sont au niveau des aides publiques versées ;
Mais NON à une rigueur qui produit une misère effroyable, 26% de chômeurs, et casse l’économie, le PIB, la production, a chuté de 26% !
NON, les conditions actuelles de remboursement de la dette, 2,6% sur 16 ans, ne sont pas supportables ; il faut les renégocier.

Cette exigence de renégociation de la dette sans accentuer l’effort sur les revenus faibles et modestes a jusqu’à présent été refusée par le FMI, la BCE et la commission.

Pourtant dans une note récente le FMI lui-même écrit que cette dette devrait être ramenée à 120% du PIB, 180% actuellement.
Pourtant les Etats aujourd’hui prêtent à la Grèce à 2,6% alors qu’ils empruntent à 0%, ils gagnent de l’argent en prêtant à la Grèce, oui !
Pourtant au début des années cinquante la dette allemande, à l’époque 200% du PIB !, a été effacée pour relancer l’économie …
Même Dominique Strauss-Kahn, ancien ponte du FMI, dit clairement qu’il faut violemment rééchelonner la dette ! D’ailleurs lorsqu’une entreprise est en procédure de redressement la solution n’est-elle pas le plus souvent de rééchelonner la dette ?photo - copie

Aujourd’hui SYRISA, PODEMOS, même combat : renégocier toutes les dettes européennes supérieures à 60% du PIB pour relancer la croissance européenne,
SYRIZA, PODEMOS, même combat : une Europe plus forte et plus solidaire pour gérer ce Fonds commun de la dette des pays de la zone Euro,
SYRIZA, PODEMOS, même combat : exiger une Europe démocratique qui respecte la volonté des peuples, une Europe fédérale qui nous protège dans la compétition mondiale du développement économique et de l’innovation.

Le Gouvernement français, et l’ensemble des responsables politiques qui croient au rêve européen doivent s’opposer à ce qui est une authentique expulsion du peuple grec de l’Europe !
La France devra s’il le faut opposer son droit de véto : le message du peuple grec est aujourd’hui incontournable sauf à continuer aveuglément une politique de chômage, de déstructuration sociale de notre nation et d’effondrement de la construction européenne.

P.S. Entendre notre Ministre des finances, Emmanuel Macron dire : « le F.N. est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française » en dit long sur l’inculture politique de ce « brillant Enarque » ; j’aurais pu écrire : LAGARDE-MACRON, même combat !

Bâtissons les passerelles du futur !

La passerelle a finalement été inaugurée…photo

Ceux qui ont pris la parole étaient discrets ou franchement opposés lorsqu’il a fallu prendre la décision du financement ; il y avait même Louis Aliot, pourtant toujours aux avant-postes des pourfendeurs de tous les projets dont j’ai eu la paternité.
On est décidément dans une époque où le courage et l’ambition sont des denrées rares chez ceux qui nous gouvernent ou aspirent à nous gouverner !

Pourtant plus que jamais il faut bâtir des passerelles, des passerelles entre les cœurs et les volontés, entre les cultures et les identités, entre les quartiers de la Cité qui doit nous rassembler. Plus que jamais, dans une société en crise, crise économique mais aussi morale et démocratique, dans une ville qui à nouveau doute de son avenir, bâtir des passerelles entre les hommes pour s’opposer à la fragmentation de la ville qui conforte les communautarismes, est la clef du futur.

Cette passerelle n’est pas seulement un ouvrage nécessaire pour développer les déplacements à pieds ou à vélo car la transition énergétique passe inéluctablement par la réduction de l’usage de la voiture électrique ou pas.paserelle

Elle est bien davantage, elle affirme dans le paysage de Perpignan un triple symbole :
-La ville une et indivisible riche de ses diversités qui doivent s’additionner et non s’opposer, la ville de la laïcité qui respecte et rassemble.
-La culture pour tous dont le Théâtre de l’Archipel est plus que jamais le foyer rayonnant : près de 100 000 entrées l’an dernier avec une programmation de haut niveau qui fait appel à toutes les formes des arts vivants pour provoquer nos émotions, pour enrichir nos connaissances, pour lutter contre tous les obscurantismes et défendre nos valeurs, notamment la liberté d’expression et de création.
-La modernité pour construire une fierté collective : la passerelle de Marc Mimram accrochée au Théâtre de Jean Nouvel constituent désormais la première image que nous donnons de notre ville à tous ceux qui franchissent le pont Arago, avec en fond de plan, sur l’horizon, le Palais des Rois de Majorque : identité et modernité sont les deux piliers sur lesquels une volonté collective peut s’affirmer et s’opposer au déclin que nous promettent les nationalistes xénophobes et réactionnaires qui se nourrissent de nos peurs et de nos divisions.mathis

Oui, bâtissons les passerelles du futur parce que l’homme n’est vraiment humain que lorsqu’il sait se connecter aux autres hommes dans une même fraternité.

Construire la « ville-archipel », une ambition plus que jamais nécessaire

La transformation de la Communauté d’Agglomération en Communauté Urbaine est engagée mais le vrai débat, celui de la gouvernance, ses objectifs, sa démarche et notamment le rapport aux communes a t-il vraiment eu lieu ? On a plutôt l’impression que faute d’ambition forte, de projet collectif partagé il ne reste qu’une vision comptable, à savoir protéger le montant de Dotation Globale de Fonctionnement versé par l’Etat…big_201111221626262

ET pourtant c’est maintenant qu’il faut construire une équipe soudée et conquérante !

Nous étions le cul de sac de la France et nous avons aujourd’hui une position stratégique à exploiter, à 1h30 d’un aéroport international relié au monde entier, au centre de 12 millions d’habitants (Toulouse-Montpellier-Barcelone) ; avec Gérone et Figuéres nous pouvons organiser un Pôle Métropolitain transfrontalier capable d’affronter la compétition avec les grandes Métropoles pour attirer les entreprises de pointe, innovantes et à haute valeur ajoutée ; nous avons tous les atouts pour déployer une politique de marketing territorial efficace ;oui c’est le moment d’être ambitieux et de le faire savoir : une Communauté Urbaine organisée et centrée sur le développement économique peut et doit être le moteur de ce renouveau de notre territoire.axe perpi toulouse15062015_2

Nous avons un cadre de vie exceptionnel où la nature est omniprésente ; ne cédons pas à la boulimie d’urbanisations débridées ou de grands centres commerciaux inhumains qui désertifient nos centres historiques ; faisons partager par les maires l’ambition d’une « ville-archipel » qui s’oppose à l’étalement urbain en protégeant l’agriculture, la viticulture et nos espaces naturels ; c’est la condition nécessaire d’un développement durable de notre territoire.

Nous avons un autre héritage à protéger : la culture de villages du pays catalan avec ce qu’elle produit de démocratie vivante, de solidarités et d’intégration sociale ; la Communauté Urbaine ne doit pas signifier la disparition des communes mais bien au contraire le renforcement de l’efficacité des maires qui sont le premier recours de nos concitoyens, qui subissent en première ligne les disfonctionnement de notre société en crise, qui sont les derniers élus respectés dans notre démocratie malade. Chaque décision de la Communauté Urbaine doit être le résultat d’un dialogue et de négociations respectueuses de la diversité communale.

L’ « archipel des communes » c’est à la fois le respect de chaque commune et leur solidarité dans un projet collectif de développement économique, social, écologique ; on respecte chaque ile mais l’union fait la force.

« Les hommes unis à la fois par l’espoir et l’action accèdent comme les hommes unis par l’amour, à des domaines auxquels ils n’accèderaient pas seuls ». André Malraux.

La Communauté Urbaine Perpignan Méditerranée ne peut se réduire à une facilité financière et comptable : ce doit être au contraire l’outil de l’action et de l’espoir pour mieux exploiter nos atouts, ils sont nombreux, et retrouver la dynamique sociale, économique, culturelle qui aujourd’hui s’essouffle.

Le message des peuples d’Espagne

Il y a eu en début d’année le message du peuple grec et voilà qu’il revient, plus fort encore, du Sud des Pyrénées.

« Podemos », forme politique du mouvement des « indignés », a su capter, comme « Syriza » en Grèce, la révolte populaire contre les partis en place, de droite et de gauche, corrompus, soumis à l’orthodoxie comptable des banques centrales, incapables de comprendre les dimensions sociales et politiques de l’économie.

Oui, c’est l’irruption de la misère mais sous une forme pacifique et démocratique.

photo - copieLes peuples d’Espagne et de Grèce ne se sont pas laissés séduire par les sirènes nationalistes et xénophobes, au contraire ils revendiquent le droit à la solidarité et à la fraternité ; ils aiment l’Europe, celle des droits de l’homme, des valeurs de démocratie et de laïcité, pas un mot contre l’Euro, mais ils refusent une Europe qui détruit les forces productives.
En Espagne comme en Grèce les peuples n’ont pas perdu la mémoire : ils se souviennent des régimes dictatoriaux, nationalistes et xénophobes du Caudillo pour les uns, des colonels pour les autres.

En France , par contre, on a oublié le régime de Vichy du Maréchal, celui qui a instauré la peine de mort pour avortement, qui a été complice de l’extermination des juifs, un « détail de l’histoire » comme aime le rappeler l’idéologue du Front National, Jean-Marie Le Pen.
En France une grande partie du peuple qui souffre s’est tournée vers le FN lors des dernières élections et les idées de ce parti ont totalement contaminé la droite extrême de l’UMP qui ose aujourd’hui s’appeler « les Républicains » !

Il est urgent d’entendre, de comprendre et de populariser le message de Podémos ; « sans pouvoir médiatique, économique, nous avons démontré que l’on peut faire les choses autrement et que le rêve et l’espoir peuvent l’emporter …notre unique moyen : l’imagination, la joie, la créativité ».

Oui, Podémos c’est un autre rêve que celui, mortifère, du Front National, un rêve de solidarité, d’honnêteté, de liberté d’expression et de démocratie vivante et enthousiaste !

5568396da60a4Nos élus de droite et d’extrême droite qui sont allés défiler côte à côte, écharpe tricolore au ventre, pour s’opposer au droit à l’égalité pour tous dans l’application des lois républicaines du mariage, nos élus bardés de certitudes et de dogmes, prisonniers de leur addiction au pouvoir, peuvent craindre la montée en puissance de ce désir d’égalité et de fraternité qui a nourri le vote pour Podémos ou Syriza!

Les conséquences de ce séisme électoral en Espagne ( le PP a perdu plus de 30 capitales régionales, Podémos a gagné Barcelone, Madrid, Saragosse, la Corogne, Cadix et sans doute Valence ; il est l’arbitre de l’élection des exécutifs régionaux aux Baléares, en Aragon et en Castille la Manche !) sont imprévisibles mais il y a fort à parier qu’une nouvelle ère de la vie politique espagnole est ouverte et que les partis traditionnels devront se réformer en profondeur s’ils veulent demain encore jouer un rôle.

En Catalogne les dirigeants de Podémos soutiennent l’organisation d’un référendum parce que ce sont des inconditionnels de la démocratie mais ils refuseront une indépendance qui ne serait pas solidaire des régions pauvres de l’Espagne.
Artur Mas et les indépendantistes catalans, certes améliorent leur score (45% contre 38% lors des précédents scrutins) mais ils perdent le navire amiral, Barcelone ; sauront ils comprendre le message de Podémos et éviter le piège nationaliste ?

L’indépendance proposée comme un replis nationaliste n’a pas d’avenir ; à contrario, défendue comme une exigence de démocratie, le droit des peuples à disposer d’eux même, et comprise comme un pas vers une Espagne et une Europe fédérales, l’indépendance de la Catalogne devient le rêve et l’ambition qui peut rassembler au-delà de tous les clivages politiques. 
C’est aussi cela le message de Podémos.

Le bonheur perdu du « centre del Mòn »

La gare de Perpignan, immortalisée par Salvador Dalì, n’a jamais été aussi belle qu’aujourd’hui : la gare historique a retrouvé son lustre d’antan et la nouvelle éclate de couleurs rappelant les mosaïques de Gaudi.

Elle n’a jamais accueilli autant de trains et pourtant le modèle économique du « centre del Mòn » est à réinventer.centre del mon25052015_2

Rappelons l’historique de l’opération : Sacrésa, investisseur catalan, assisté par le cabinet d’architecture JM Galan, a été retenu à l’issue d’un appel d’offres international que j’avais lancé en 2005 : plus de 120 millions d’€ ont été investis par Sacresa, l’Agglo a financé l’aménagement du Bd St Assiscle et la Ville le passage piéton qui enfin crée une continuité entre la rue Pascal Marie Agasse et l’av. de la gare. Compte tenu de la vente du foncier et des droits à construire la Ville est bénéficiaire dans l’opération : c’est la seule gare construite en France qui n’a rien coûté au contribuable !

Mais le modèle économique de départ a échoué.

La faute à la crise économique massive de 2008 qui s’abat au moment même où l’opération s’achève : le promoteur est ruiné par l’effondrement du marché immobilier en Espagne et celui des bureaux à Perpignan ; dans ce contexte les grandes enseignes, notamment « Zara », refusent le risque perpignanais et restent à Figuéres et Gérone ; enfin les programmes de logements, près d’un millier étaient prévus pour accompagner la montée en puissance du centre commercial, ne sortent de terre qu’aujourd’hui et encore lentement ; et comme un malheur n’arrive pas tout seul, l’Etat a gelé pendant de longues années la commercialisation des bureaux afin d’y regrouper ses services pour finalement abandonner son projet récemment… Dur…dur !

Conclusion: le modèle économique est à réinventer.

A mon avis il doit se recentrer sur les loisirs et l’économie de la connaissance.photo - copie 2

Il faut d’abord comprendre que les galeries commerciales à l’ancienne, celles qu’on a vu se développer en continuité des grandes surfaces alimentaires, Auchan, Carrefour, Leclerc etc. n’ont plus d’avenir. Les U.S.A. montrent le chemin : leurs grandes surfaces que l’on a copié en France il y a 30 ans sont aujourd’hui des friches industrielles ; par contre se construisent au cœur des cités des centres commerciaux compacts centrés sur les loisirs. C’est dans cette direction qu’il faut, à mon avis, réorienter le « centre del Mòn ». Pour les bureaux il faut jouer la carte de l’économie de la connaissance c’est-à-dire de petites entreprises à haute valeur ajoutée qui ont besoin de la proximité de moyens de communication avec les grandes métropoles et donc de l’aéroport international de Barcelone. C’est pour soutenir cette stratégie que j’y avais implanté l’Agence de Développement Economique de l’Agglo et bâti le projet de regroupement de la « matière grise publique » (Agence d’Urbanisme, S.P.L., Etablissement Public Foncier) dans la « proue du navire », cette carcasse en béton désolante qui est aujourd’hui la première image que l’on donne de Perpignan à tous les visiteurs qui arrivent du Nord par les TGV…Une fois de plus la vision comptable à court terme et l’épouvantail de la dette ont paralysé l’action : en abandonnant ces projets on s’interdit tout sursaut à moyen terme.

Une gare dans une ville est un équipement public et un lieu essentiel à sa dynamique économique : les pouvoirs publics, la ville et l’Agglo mais aussi le département, la Région et l’Etat, ne peuvent laisser le jeu du marché détruire ce lieu ; ils ont la responsabilité, évidemment partagée avec les propriétaires privés, de bâtir une stratégie (j’ai proposé des orientations) et d’accepter d’investir pour que se libère la rente foncière que toute gare tôt ou tard génère ; faute de quoi le centre du monde ne sera que le centre névralgique du déclin de notre territoire.

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles » Sénéque.

« les Républicains », « les Patriotes », « les Démocrates », les O.P.A. sémantiques font rage !

Les partis politiques de plus en plus démonétisés se livrent aujourd’hui à une rude bataille pour s’approprier des mots dont ils espèrent tirer un profit politique : la communication, le marketing envahissent l’espace politique et ne laissent plus de place au débat sur le fond, les valeurs et le projet à faire partager.

Ne serions-nous pas tous républicains, patriotes, démocrates ?

fig09Faudrait-il nous diviser, nous combattre sur des valeurs qui sont le socle du pacte national ?

Croit-on pouvoir remettre en mouvement la démocratie française à coup de logos et de « marques » pour cacher le vide du débat, les incohérences des programmes et les promesses hasardeuses vite oubliées ?

Moins de 2% des français sont engagés dans des partis qui apparaissent chaque jour davantage comme des officines pour construire des carrières en distribuant des labels appelés « investitures », des machines de guerre plutôt que des lieux de débats et d’apprentissage de la citoyenneté, de partage d’un projet société et de sa traduction en actions, une association de femmes et d’hommes qui s’organisent pour défendre des valeurs et une ambition de développement durable du local au global.Eugène_Delacroix_-_La_liberté_guidant_le_peuple

Aujourd’hui les idéaux, les idéologies s’évaporent dans le magma des relations virtuelles, des flashs d’infos ou encore des coups médiatiques de nos « leaders » politiques.

Mais peut-on imaginer une démocratie sans partis politiques ?les réseaux sociaux et plus généralement les nouvelles technologies de l’information pourraient-elles les remplacer ?

Plus que jamais, en ce début de siècle, la question de l’utilité des  partis politiques est d’une brulante actualité : ils sont tous à reconstruire sur des bases, des méthodes et des doctrines nouvelles.

« Pour que tout continue, il faut d’abord que tout change… », avec lucidité et modestie !

Perpignan la catalane : une marque, une signature.

 « Perpignan la française » pour s’opposer à « Perpignan la catalane » ?photo - copie (1)

La provocation du Consul d’Espagne lors d’un débat organisé par le Club de l’Eco de l’Indépendant n’est pas aussi anodine qu’il y parait. On avait déjà connu l’épisode de « Perpignan la Méditerranéenne » (ou encore celui de la « Septimanie ! »). Dans l’un et l’autre cas c’est la même méthode, le même objectif, la même bêtise : les jacobins, qu’ils soient espagnols ou français, ont toujours cherché à effacer tout ce qui rappelle l’identité particulière de notre territoire, ce qui le singularise. Perpignan fut la capitale continentale du royaume de Majorque, le plus petit, le plus bref mais le plus beau royaume de Méditerranée !

Ainsi Monsieur le Consul d’Espagne voudrait masquer derrière une appellation d’autant plus banale qu’elle signale une évidence (oui, Perpignan est en France et au bord de la Méditerranée !) la singularité de notre histoire, de notre patrimoine et de notre position géographique ?

Aujourd’hui les territoires sont en compétition et doivent avoir une politique de produits qui renvoie à la qualité de vie, à l’accueil des entreprises mais aussi une politique de marketing territorial forte et gérée sur le long terme. La communication qui gagne n’est pas celle qui fonctionne sur des coups ponctuels, mais celle qui installe durablement un label, une qualité ; aujourd’hui Perpignan se doit d’affirmer son identité derrière une signature ; et où mieux que dans son histoire et son patrimoine, encore méconnu, peut-elle trouver des symboles fédérateurs de l’image qu’il lui faut affirmer ?casteillet

« Perpignan la catalane » c’est à la fois une identité reconquise, l’intégration de la dynamique et de la notoriété barcelonaise mais aussi le support réel et cohérent d’une politique de promotion de nos produits (agriculture, viticulture, tourisme, culture etc.) ; ce doit être le support d’une stratégie de communication qui met en scène Perpignan dans le réseau des villes du Sud et optimise sa notoriété au niveau national, européen et mondial.

« Perpignan la catalane » n’est pas une déclaration chauvine, un repli identitaire : Perpignan, terre de passage, a toujours eu une culture de l’ouverture et de l’accueil de l’autre ; c’est, par contre, une déclaration de particularité qui affirme sa vocation de ville-pont entre des territoires et des cultures.

« Perpignan la catalane » : un slogan, un label, une signature fondés sur une identité reconquise pour affronter la compétition économique et médiatique que se livrent les cités.

Il faut savoir vendre notre territoire !

On a cru longtemps qu’Internet et le Haut Débit favoriserait l’implantation d’entreprises de pointe dans les villes moyennes réputées pour la qualité de leur cadre de vie opposé au « métro-boulot-dodo » des mégalopoles. En fait il n’en a rien été et les Métropoles ont continué d’attirer sur leur territoire l’essentiel de ce qu’on appelle l’économie de la connaissance, celle des entreprises innovantes qui créent de la valeur ajoutée de haut niveau et les emplois correspondants.vue-est-2-copie

Perpignan, loin du monde, il faut 6 heures par le TGV, plus de 4 heures par avion pour atteindre Roissy, a souffert de la compétition inégale avec Montpellier qui a capté le flux d’entreprises de pointes attirées par la Méditerranée. Je me souviens d’une étude qui montrait que si la population de l’agglomération Montpelliéraine n’était que le double de celle de Perpignan par contre les emplois de l’économie numérique y étaient 12 fois plus nombreux !

Doit-on se résoudre à une économie d’emplois peu qualifiés, le plus souvent précaires, commerce, tourisme, manutention, agriculture etc. ou est-il possible de recoller au peloton (au TOP 14 !) des villes qui attirent l’économie de la connaissance ?

Notre meilleur atout c’est le soleil et le vent qui nous permettent d’être aux avant-postes de la recherche –développement des énergies renouvelables ; et la performance dans ces domaines entrainera la performance dans l’économie numérique qui elle-même ouvre la voie à tous les domaines de l’économie de la connaissance.

Il faut donc marteler que nous sommes bientôt un territoire à énergie positive (on produit davantage d’énergie renouvelable que notre consommation d’électricité), que nos chercheurs, nos écoles d’ingénieurs, nos bureaux d’études spécialisés sont parmi les meilleurs de France ; oui, apprenons à vendre notre territoire comme un territoire d’innovation ; apprenons à faire du marketing territorial pour promouvoir Perpignan-Méditerranée territoire d’excellence dans les énergies renouvelables !

Et c’est là qu’il faut trouver l’explication du choix d’implanter un cadran solaire monumental à la porte d’entrée de notre territoire ; il interpelle et interpellera pendant des décennies des dizaines de millions d’hommes et de femmes venus de tous les horizons de France et d’Europe avec un message massif :

Ici vous entrez dans une ville , un pays où le soleil est généreux qui permet un tourisme, une agriculture, une viticulture de haute qualité

Ici le soleil est une énergie domestiquée par le génie de nos chercheurs et de nos entreprises de pointe

Ici vous entrez dans un territoire d’excellence et qui plus est mieux relié désormais aux capitales du monde que Montpellier par sa proximité ( 2 heures ) avec l’aéroport de Barcelone !

Ainsi on investit pour changer notre image et il faudra continuer d’investir pour briser la spirale du déclin qui nous enfonce dans une économie de ville provinciale exclue du monde de l’innovation et de la création ;

Trop couteux ? Je rappelle que 250 000 € cela représente moins de 3 pages de pub dans un quotidien national qui touchera au maximum 300 000 lecteurs alors que le cadran solaire de Marc André 2 Figuères va frapper le cerveau de dizaines de millions de visiteurs et ce pendant des décennies !IMG_9403

Pas prioritaire ? je réponds que c’est précisément en période de crise qu’il faut déployer une politique de marketing, d’image et de notoriété (l’œuvre a reçu le label UNESCO pour l’année 2015, année de la lumière).

J’assume ce choix du cadran solaire à l’entrée de l’agglomération, comme j’assume celui du Théâtre de l’Archipel et de sa passerelle au cœur de la Cité ou encore celui du centre du monde rénové qui tôt ou tard trouvera son modèle économique. C’est le choix de la modernité.photo

J’assume aussi le choix de la mise en beauté de notre patrimoine. C’est le choix de l’identité.

Modernité et identité voilà les axes d’une politique de marketing territorial et de changement de notre image: il faut, plus que jamais, savoir vendre notre territoire ou accepter le déclin et la fuite définitive de tous nos jeunes diplômés.

La Ville pour métier, la catalanité pour racines. La République, la laïcité, l’Europe pour horizons. La voile, l'aquarelle et le dessin pour s’échapper.