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Tristesse et colère…

Tristesse de voir Perpignan être aujourd’hui le laboratoire du Rassemblement National…

Pour moi Perpignan méritait mieux : elle pouvait, elle devait devenir une ville attractive, rayonnante culturellement et économiquement exploitant sa position géographique exceptionnelle au cœur du triangle Barcelone-Toulouse-Montpellier, valorisant son histoire franco-hispano-catalane dans un espace transfrontalier dynamique de Gérone à Narbonne.

A l’heure des nouvelles technologies de l’information et du télétravail notre Cité pouvait prendre place dans le monde nouveau de l’économie de la connaissance qui fertilise et ouvre à la modernité l’industrie, le tourisme, les services et même l’agriculture.

Certes, on peut espérer que la nouvelle équipe soit plus performante en matière de sécurité mais c’est le replis et l’isolement qui demain vont freiner le développement économique et brider l’attractivité de notre territoire.

Perpignan n’est pas Béziers, son ambition ne doit pas se réduire à être une grande petite ville mais à devenir une petite grande ville !

Et le slogan de Louis Aliot, « Perpignan, l’avenir en grand » ne peut masquer la réalité qui attend Perpignan la Catalane : le champ de l’avenir se rétrécira. On peut même craindre que la cohésion sociale se disloque sous les coups de boutoir de certains islamophobes primaires de son équipe…

Tristesse mais aussi colère devant les erreurs répétées de la classe politique locale, de la Droite à la Gauche en passant par le Centre qui a conduit à la situation actuelle où Perpignan est une exception en France martelée par tous les média : seule grande ville conquise par le R.N. alors qu’une vague verte, l’écologie, s’est déployée sur toutes les autres !

J’ai ma part de responsabilité dans cette évolution des votes vers la Droite extrême : j’avais réussi à faire baisser le vote pour Louis Aliot à 10% en 2008 et 2009 mais au lendemain de ma réélection voulant me consacrer pleinement à la construction de la communauté d’Agglomération qui piétinait, j’ai démissionné de ma fonction de Maire. Ce fut trop brutal, mal expliqué et compris comme une tromperie de politicien : on avait voté Alduy et on avait Pujol ! Personne ne comprenait l’importance de l’enjeu d’une intercommunalité forte et c’est encore le cas aujourd’hui malheureusement…

De 2009 à 2014 j’ai assisté impuissant à la lente dégradation de la relation entre les citoyens et leur maire, entre la famille municipale et son chef. On connait le résultat Jean-Marc Pujol élu grâce au retrait de Jacques Cresta et à un front républicain très actif mais qui ne recevra pas le moindre remerciement le dimanche soir…

Personne n’a voulu tirer les leçons de 2014.

Pourtant il aurait fallu répondre à la question : comment Louis Aliot qui avait à peine dépassé 10% en 2009 a pu atteindre 45% cinq ans plus tard ?

Pour moi la réponse était simple : un maire très peu présent sur le terrain et des services municipaux démobilisés. Mais au lieu de saturer le terrain par sa présence et y déployer les services de proximité le maire a d’une part cumulé les responsabilités maire et Président d’une communauté urbaine de 300.000 habitants et de plus fait de la réduction des effectifs le mantra de la gestion municipale …

Résultat : le « dégagisme » s’est installé peu à peu et s’est renforcé avec quelques décisions mal venues comme la privatisation de la gestion du stationnement de surface en centre-ville jusqu’à faire oublier les réalisations positives comme le Musée Rigaud ou l’installation de l’Université aux portes de Saint Jacques.

Dans ce contexte, Jean- Marc Pujol ne devait pas se représenter pour prendre de la hauteur et réussir à rassembler la Droite et le Centre, mais il faut beaucoup de courage et de lucidité pour résister aux flagorneries et aux pressions des ami(e)s proches… Dés lors que Jean-Marc Pujol se représentait Louis Aliot n’était plus le chef de file d’une liste de la Droite extrême mais il devenait le vote utile pour le changement, « le vote utile pour dégager »…

Le résultat du premier tour n’a fait que confirmer ce rejet massif : 18% pour le maire sortant malgré une campagne clientéliste à coups de promesses tous azimuts.

J’ai cru un moment que des voix s’élèveraient pour que soit constituée une liste d’union rassemblant tout ou partie des 5 listes ayant dépassé le seuil de 5% pour pouvoir fusionner. La répartition pouvait se faire proportionnellement aux scores obtenus et c’était Agnès Langevine qui devait être en tête. Ainsi un vrai Front Républicain pouvait être mobilisé pour faire face au « Front National» rebaptisé R.N. et même effacé… J’ai cru la classe politique locale capable de courage et de lucidité…

Mais la Secrétaire départementale du P.S. s’est empressée de demander le « retrait républicain » derrière un maire sortant qui avait 4.500 voix de retard, entrainant à sa suite les deux têtes de liste encore en capacité d’être présentes au second tour.

Dès lors pour moi la messe était dite et je me suis tu.

Tristesse et colère…seule consolation : dans ces élections municipales une nouvelle génération de maires est née ; il s’appellent Steph, Jack, Edmond, Nicolas mais aussi Marie, Laurence, Maria etc.

Espérons qu’il y a là les germes d’un vrai renouveau de la classe politique locale, plus solidaire, plus ambitieuse.

Credit photo Made In Perpignan

Dis papa c’est quoi un bon maire ?

Question simple d’un ado qui voyait toutes ces affiches, tous ces prospectus où tous et toutes ont des sourires épanouis pour nous promettre d’être un bon maire…

Même avec le recul de dix années, je ne me sens pas autorisé à lui répondre ; j’ai seulement essayé de dégager quelques qualités que je crois incontournables.

D’abord aimer sa ville avec tout son cœur et son intelligence : il faut aimer pour faire aimer.
Il faut donc y habiter et pas seulement la veille d’une élection !
Il faut la vivre au quotidien pour, chaque matin qui se lève, en sentir les beautés et les vibrations mais aussi les difficultés et les souffrances.

Malheureusement ils ne sont pas nombreux les candidats à la mairie qui habitent Perpignan, conduisent leurs enfants à l’école et font leurs achats dans les places, les rues et les ruelles où il fait bon écouter les chalands et partager leurs sourires.
Oui, être un bon maire c’est d’abord aimer les gens dans leurs diversités, être capable de les écouter, de les comprendre et avoir vrillé au corps la volonté d’améliorer le vive ensemble.

Aimer les gens c’est la condition nécessaire pour savoir respecter toutes les opinions, toutes les religions, toutes les conditions sociales.

Condition nécessaire mais pas suffisante.

Il faut aussi avoir une vision du futur du territoire, de la ville et de chaque quartier afin de donner le sens de chaque action proposée, discutée et mise en œuvre ; ainsi se construit la fierté et le bonheur de vivre à Perpignan. Et c’est cette fierté reconquise qui permet de mobiliser les énergies, celles qui créent de l’emploi, celles qui construisent des solidarités, ou encore celles qui dynamisent la participation citoyenne à la gestion de la Cité.

Aujourd’hui les réseaux sociaux et internet permettent une information large ; chacun doit pouvoir s’exprimer et même voter sur les principaux projets.

Un bon maire est un maire inventif et interactif.

Sécurité, propreté, écologie, fiscalité, embellissement, éducation, économie toutes et tous (ou presque…) en parlent et les mots sont souvent les mêmes. Mais ont-ils tous et toutes l’âme suffisamment généreuse pour aller vers ceux qui souffrent repliés dans leur habitat dégradé, les exclus du monde du travail, les SDF, les sans-papiers, les réfugiés venus de pays de guerres et de misère ?

Un bon maire ce doit être aussi un maire qui sait aider ceux qui souffrent.

Réponse incomplète, il faudrait parler aussi des compétences et de la force de travail, de l’honnêteté et de la transparence, des valeurs, le respect, la laïcité etc.
Pas facile d’être un bon maire et le plus dur est peut-être de ne pas en faire un métier mais une part de sa vie donnée à la conduite de la Cité, savoir rassembler, montrer un chemin et…transmettre.

Pour une Laïcité apaisée, mère de la Fraternité

Pour une Laïcité apaisée, mère de la Fraternité

La laïcité en France a une longue histoire qui se confond avec la construction progressive des valeurs et des lois qui fondent notre République et la nation pluriculturelle française.

Le premier coup de pioche est intervenu au « siècle des lumières » où nos philosophes pour la première fois théorisaient la liberté de conscience et la remise en cause de l’autorité cléricale ; le moment fondateur fut la déclaration des doits de l’homme et du citoyen en 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en dignité et en droits ; nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi ».

La suite est un ensemble d’avancées et de reculs jusqu’à la loi de 1905 qui supprime le Concordat de 1801 de Napoléon et Pie VII.

En 1925 toutefois, l’Assemblée des Evêques condamne la laïcité… Le gouvernement de Vichy ira plus loin… Mais en 1945, la même assemblée des Evêques reconnait que la laïcité est « conforme à la doctrine de l’Eglise », déclaration confirmée par Vatican II en 1958.

Trente ans plus tard, en 1989, « l’affaire du foulard islamique » dans l’école publique ouvre à l’Islam le débat sur la laïcité.

Le débat n’est pas clos et je le crois important dans une période où la conscience identitaire est en passe de remplacer la conscience politique…

La défense de son identité est légitime et souhaitable ; on est plus fort pour affronter les turbulences du monde lorsqu’on connait ses racines. Mais la mise en valeur de son identité ne doit pas envahir l’espace public, singulièrement les lieux emblématiques comme l’école publique ou la mairie où les différences doivent s’effacer pour que l’égalité, la cohésion, l’unité, la fraternité s’y expriment pleinement.

Dans le débat actuel qui mérite notre intelligence et le refus de l’invective, je milite pour une laïcité apaisée loin du laïcisme qui prétend dicter les normes de la vie privée, une sorte de terrorisme idéologique drapé dans un discours républicain mais également loin de l’attitude de celles et de ceux, en général à l’extrême droite, pour qui la laïcité est d’abord une arme pour protéger la communauté catholique et rejeter les communautés musulmanes et juives.

La laïcité apaisée n’est pas une simple tolérance, elle ne se réduit pas au respect des différences d’opinion ou de religion, elle est un élan vers le partage de la culture de l’autre.

Cette laïcité-là, est la mère de la fraternité.

Elle était belle la crèche de la mairie…

Elle était belle la crèche de la mairie…

Elle était à l’entrée, incontournable, et scintillait ostensiblement sous les lettres «Liberté-Égalité-Fraternite », écrites sur les murs de la maison du peuple.

À quelques mètres de là, la Méditerranée d’Aristide Maillol semblait s’enfoncer dans ses pensées .
Visiblement elle n’appréciait pas cette intrusion.

N’était-elle pas là pour accueillir les mariages républicains sans distinction de religion, chrétiens, juifs, musulmans, agnostiques ou encore libre penseurs ?

N’était-elle pas là pour les accueillir tous et toutes afin qu’ils prennent la pose à ses côtés pour la photo inoubliable de ce moment singulier de leur vie ?

Dame Méditerranée poursuivait ses pensées : n’y a t-il pas d’autres lieux que la maison du peuple pour mettre en scène la naissance du prophète des chrétiens ?
Que dirait-on si dans le même lieu on mettait en scène un moment de la vie des autres prophètes, Moïse ou Mahomet par exemple?

La Méditerranée s’interroge : la fraternité n’est elle pas fille de la laïcité ?

La crèche a été enlevée la semaine dernière ; ouf ! J’ai eu peur qu’elle reste jusqu’aux prochaines élections municipales…

Gilets Jaunes ou Chemises Noires ?

Ils étaient une vingtaine pour briser à coups de masse la vitrine de la permanence du Député Romain Grau ; ils n’ont pas hésité alors que le Député était à l’intérieur, à verser de l’essence et y mettre le feu ; sans la vigilance des voisins, l’immeuble aurait pu s’embraser…

Ils étaient une vingtaine en gilet jaune et trois ou quatre de noir vêtus (Black-blocs) et personne de la manifestation n’est intervenu pour s’opposer ou pour le moins crier « Non ! Pas ça ! ».

À Perpignan, samedi, ville choisie pour un rassemblement qui se voulait de dimension nationale (ils étaient quelques centaines), la violence adossée au mouvement des gilets jaunes a franchi une étape : conscient ou pas, consentant ou pas, à Perpignan le mouvement a ouvert la voie à des actes qu’il faut qualifier de criminels envers la représentation parlementaire.

J’ai lu les commentaires de la classe politique et de quelques gilets jaunes modérés. Je ne suis pas sûr que tous aient pris la mesure de la gravité de ce qui s’est passé : à ma connaissance Marine Le Pen n’a pas encore réagi et le communiqué de Louis Aliot relève du « service minimum » ; le Député Alexis Corbière de la France Insoumise parle sur BFM TV de « braves gens poussés à la violence »

Je me souviens en cet instant des discussions avec mon père qui avait vécu enfant à Livourne, en Italie, la fureur des Chemises Noires de Mussolini mettant à feu et à sac les permanences des élus, et même le Consulat de France qui était sous la responsabilité de mon grand-père.
Cet évènement l’avait marqué pour toujours et il m’expliquait que cette violence-là, était contagieuse et avait atteint la France à travers ses partis d’extrême droite…

Certes, l’histoire ne se répète pas… mais elle bégaie :
La violence déversée à large flots sur les réseaux sociaux, le choc des images sur nos écrans chaque samedi, la multitude des fake news ( cf Louis Aliot, sur son blog dénonçant une émeute le soir de la victoire de l’Algérie sur le Ghana qui aurait provoqué l’incendie de plusieurs véhicules rue rempart Villeneuve,  fake news révélée par l’Indépendant) et maintenant l’incendie criminel sur la permanence de Romain Grau, tous ces faits s’additionnent et créent un climat si lourd que personne ne peut prédire sur quelle tempête il débouchera…

Le mouvement des Gilets Jaunes, au départ lancé sur des revendications légitimes, puis rapidement débordé par les Black-blocs, marginalisé électoralement en mai lors du scrutin des européennes saura-t-il éviter cette lente dérive vers une radicalisation incontrôlable ? Saura-t-il trouver le chemin d’un mouvement social responsable et organisé ?
Gilets jaunes ou chemises noires…

Crédit photo de l’image de UNE MadeInPerpignan

Les élections européennes ne sont pas des municipales, mais…

Aux municipales la notoriété des candidat.es et leur présence sur le terrain, leur bilan et leur projet peuvent et doivent peser fortement sur le choix des électeurs ; il faut donc prendre les élections européennes pour ce qu’elles sont : une photographie du corps électoral qui mieux qu’un sondage met en lumière des évolutions, des tendances.

Quels enseignements tirer du vote de dimanche ?

Tout d’abord le constat incontournable de l’effondrement du parti de Jean Marc Pujol et François Calvet : 5000 voix en 2014, 2200 en 2019 ! Le maire sortant peut-il continuer à laisser planer le doute sur sa candidature ? Un renoncement n’est il pas dès à présent programmé ? À suivre…

Le tassement des voix du Font National est tout aussi évident : 9700 voix en 2014, 8800 en 2019 ; le FN a eu beau repeindre la façade en RN, les chiffres sont là et ils sont têtus : 10% de voix en moins alors que la participation a augmenté de 9%. Cela explique l’empressement de Louis Aliot, dès hier soir, à appeler à la rescousse les élus de L.R. (Les Républicains), pour l’aider à gagner la bataille des municipales ; Louis Aliot a-t-il déjà contacté François Calvet dont il a dû se souvenir qu’il fut élu en 1998 vice-Président de la Région grâce au F.N. ? À suivre…

Europe- Ecologie augmente son score de 20% (2600 voix en 2014, 3150 en 2019) et dépasse désormais le parti socialiste même si on lui additionne les voix de Benoit Hamon ; aussi Agnès Langevine s’est-elle également empressée d’en appeler au rassemblement, évidemment sur sa gauche, mais jusqu’où sur sa gauche ? France Insoumise ? À suivre…

Pour La République En Marche (L.R.E.M.) aucune comparaison n’est possible car cette formation n’a que deux ans d’existence. On peut simplement noter qu’avec moins de 20% des suffrages il faudra que son leader local, Romain Grau, poursuive activement son implantation pour être en capacité de rassembler sur une démarche et un projet novateur ¨ »ni de droite, ni de gauche »… À suivre…

Pour conclure de façon schématique :

À neuf mois des elections municipales, les européennes avec un taux de participation correct, délivrent leur message à savoir l’effondrement de la base électorale de la municipalité actuelle, le tassement du vote Louis Aliot autour de 30% (alors que d’aucuns prédisaient il y a quelques mois 45%…), Agnès Langevine en pôle-position pour le leadership à gauche et Romain Grau disposant d’un socle qu’il lui faut élargir et conforter.

À suivre…

Le 26 mai ne pas dilapider l’héritage de nos pères !

Certes il est aujourd’hui plus facile de critiquer (certains vont jusqu’à souhaiter un FREXIT !) l’Union Européenne que d’imaginer ce que nous serions devenus si nos pères n’avaient eu le courage et la lucidité d’engager le chantier il y a plus de soixante ans… On peut néanmoins rappeler que c’est l’Europe qui a sauvé les économies du monde libre, celles des Etats et de leurs citoyens, lors du Tsunami financier de 2008.

Certes la construction européenne, toujours inachevée, montre ses fragilités et ses faiblesses dans un monde plus dangereux que jamais : terrorisme, crise migratoire, dérèglement climatique, guerres commerciales etc. On peut néanmoins rappeler que c’est l’Europe, première puissance économique mondiale, qui protège notre paix et notre modèle social et culturel face aux géants totalitaires de la Russie et de la Chine alors que notre partenaire historique, l’Amérique de Donald Trump, nous tourne le dos et se retire de l’accord sur le climat… Pour s’en convaincre, il suffit de constater que ces trois puissances, à des niveaux divers, souhaitent le démantèlement de construction européenne. J’ajoute que ce seront les classes populaires qui paieront le plus lourd tribut au BREXIT et cela les partisans du FREXIT oublient de vous le dire !

Certes la complexité du système de décisions, son manque de transparence et le poids de la technostructure face au Parlement issu du vote des peuples nourrit les populismes xénophobes et les replis identitaires, mais ces institutions malgré leurs défauts restent les meilleurs défenseurs des droits de l’Homme, de la liberté de la presse et de l’indépendance de la justice, aujourd’hui menacés au sein même de l’Europe en Hongrie et en Pologne.

Certes souvent l’Union Européenne me désole, mais lorsque je la compare aux USA ( on vient de voter en Alabama une loi interdisant tout avortement), à la Russie ( le « tsar » Poutine fait assassiner ses opposants), à la Chine ( la reconnaissance faciale et la prolifération des caméras de vidéosurveillance permettent le fichage systématique de la population et d’étouffer la moindre contestation à commencer par celles des journalistes), sans parler de la misère endémique dans la plupart des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, lorsque je compare je me console…

Oui, l’héritage de nos pères ne doit pas être dilapidé le 26 mai.

Oui, dimanche prochain faisons renaître le rêve européen.

Ce rêve Victor Hugo le définissait ainsi lors du Congrès de la paix le 21 août 1849

« Nous aurons la patrie sans la frontière, le budget sans le parasitisme, le commerce sans la douane, la circulation sans la barrière, l’éducation sans l’abrutissement, la jeunesse sans la caserne, le courage sans le combat, la justice sans l’échafaud (…) la parole sans le bâillon, la conscience sans le joug, la vérité sans le dogme, Dieu sans le prêtre, le ciel sans l’enfer, l’amour sans la haine ».

Une hirondelle ne fait pas le printemps et un sondage ne fait pas une élection ; mais …

Que peut valoir un sondage à un an des élections municipales alors que les investitures ne sont pas attribuées, la plupart des candidatures virtuelles ou sous conditions, les équipes et les projets inconnus ?

J’ai quelques doutes sur l’intérêt de l’exercice qui va certes agiter le microcosme local mais n’apporte aucune clarification ni ne simplifie les hypothèses de l’équation à multiples variables que nous promet la campagne électorale…

Toutefois il se dégage assez fortement pour être crédibles deux enseignements  :

  • Tout d’abord le « dégagisme » frappe Perpignan plus que toute autre ville de la même importance ; 77% de nos concitoyen.nes souhaitent que tout change, les têtes et leurs programmes, soit 25% de plus que dans les villes de la même strate. Bigre !
    Est-ce à dire que Jean Marc Pujol risque une fin de mandat comme celle de François Hollande avançant peu à peu vers un renoncement incontournable ?
  • La deuxième surprise de cette enquête est le net recul du Front National. On nous disait Louis Alliot capable de passer au premier tour et une rumeur, présentée récemment par le site web officiel du microcosme local comme une estimation crédible, créditait Louis Alliot de 45% au premier tour…Et voilà que l’enquête sur un échantillon de 700 personnes représentatif de la population perpignanaise indique un recul de 5 à 7% par rapport au score qu’il réalisa en 2014 !
    Visiblement le Rassemblement National rassemble moins que le Front National ; ce n’était vraiment pas la peine de jeter au pilon les affiches et les cartes de visite estampillées FN, surtout en période de restrictions budgétaires… Il est intéressant de noter d’ailleurs que la jeunesse se détournerait massivement du FN (5% seulement des moins de 24 ans). La jeunesse est généreuse et refuse l’esprit de frontières et la xénophobie.

Fin de règne difficile pour le maire sortant et recul du FN massivement rejeté par la jeunesse, tels sont les deux seuls enseignements que je tire de cette enquête ; pour le reste je préfère lire dans le marc de café : c’est plus sûr !

Credit photo de une  sondage de l’indépendant

OUI À L’UNIVERSITÉ EN CENTRE-VILLE, MAIS pourquoi donc transformer le théâtre historique en amphithéâtre ?

J’ai applaudi lorsque j’ai vu les travaux du nouveau site universitaire au contact des bâtiments de l’Université créée en 1349 par Pierre IV, roi d’Aragon et comte de Barcelone : enfin les démolitions que j’avais arrachées à la Commission Nationale des Secteurs Sauvegardés précisément pour y construire un équipement culturel trouvaient leur destination culturelle ! L’extension sur les immeubles voisins était cohérente et marquait une ambition salutaire de dynamiser le centre-ville et de désenclaver Saint Jacques.

La suite est moins cohérente et le souffle de l’ambition s’est dispersé, dissipé…

Rien ou presque pour organiser des flux de circulation à la dimension du projet et la rue des Carmes est toujours aussi triste, sale et dans le mauvais sens…Rien ou presque pour transformer la place Rigaud en centre de la vie étudiante et la transformation de la Bourse du travail en bibliothèque restera anecdotique ; la place est à refaire et l’acquisition des immeubles dégradés incontournable.

Et voilà qu’il est question de transformer le théâtre historique en amphithéâtre d’enseignement alors qu’il existe à proximité immédiate du nouveau site universitaire des immeubles et des terrains propriété de la ville…

Par quel raisonnement peut-on justifier de prendre le risque de briser la cohérence et le charme de ce théâtre à l’italienne qui a déjà traversé deux siècles ?

Par souci d’économie ? Je sais d’expérience la complexité et la fragilité de notre vieux théâtre construit il y a plus de deux siècles ; les travaux seront coûteux et le chantier plein de surprises pour, in fine, déboucher sur un amphithéâtre médiocre et un théâtre avili et inadapté à des manifestations cultuelles ; de plus supprimer la salle Jean Cocteau c’est asphyxier la vie sociale autour et à l’occasion des représentations.

En fait, ce projet part d’une fausse bonne idée : rendre le théâtre polyvalent pour augmenter sa fréquentation. Cela est possible et souvent souhaitable en construction neuve, c’est-à-dire lorsque dés le départ la conception intègre les contraintes des diverses activités souhaitées ; c’est le cas du Palais des Congrès ; mais là, on est en présence d’un théâtre à l’italienne du XVIIIème siècle et toute transformation se heurte à des contraintes techniques, esthétiques et architecturales très lourdes sans parler de la charge historique de ce bâtiment emblématique. Un concours d’architecture aurait peut-être permis de mettre en évidence une solution mais à quel coût ? Surtout il aurait permis d’engager un vrai débat et de mettre en balance des solutions alternatives par exemple en construction neuve sur les terrains au contact de la Médiathèque.

La municipalité s’est engouffrée dans une fausse bonne idée et la suite n’est qu’improvisation et précipitation.

Mais il n’est pas top tard pour reconnaître ses erreurs et éviter le pire.

J’ajoute que s’affirmer pour ou contre ce projet n’est pas choisir un camp politique !

S’il faut choisir un camp, je serai toujours du coté de ceux et celles qui aiment et respectent la diversité sociale, culturelle et architecturale de Perpignan, ses lieux de vie et d’échanges, son histoire et ses traces.

Ce théâtre, ses dorures et ses velours, sa salle comme un écrin devant le rideau grenat, ses couloirs de pénombres et ses escaliers grinçants, son foyer où l’on se presse, ce sont les premières racines donnant vie, il y a deux siècles, à la vie culturelle au cœur de note Cité catalane.

Avant d’en briser l’âme ne peut-on pas prendre le temps d’un débat ?

Credit photo de la façade du théâtre Made In Perpignan.